Expertise

Loi de finances pour 2026

Le 19 février 2026, le Conseil constitutionnel, saisi de 25 articles de la loi de finances pour 2026, a validé la procédure d’adoption de la loi, déclaré l’essentiel des dispositions conforme à la Constitution, en formulant seulement deux réserves d’interprétation, et a censuré 7 cavaliers budgétaires.

Actualité législative

Pour rappel, le Conseil était saisi de plusieurs dispositions de la loi de finances pour 2026 par trois groupes de plus de 60 députés : une saisine émanant du groupe « Rassemblement national » (4 février), une saisine émanant des groupes « La France insoumise – NFP », « Écologiste et social » et « Gauche démocrate et républicaine » (5 février) et une saisine émanant du groupe « Socialistes et apparentés » (6 février). Par ailleurs, le Premier ministre lui avait déféré trois articles de cette loi.

Les trois articles en question étaient les suivants :

Le Conseil constitutionnel a précisé que ces dispositions ont été adoptées selon une procédure conforme à la Constitution. Aucun motif particulier d’inconstitutionnalité ne ressortant des travaux parlementaires, et en l’absence de griefs dirigés contre ces dispositions, il n’y a pas lieu, pour le Conseil constitutionnel, d’examiner spécialement ces dispositions d’office.

S’agissant des deux réserves d’interprétation, elles portent sur les points suivants :

La réserve du Conseil constitutionnel vise à préciser qu’« il revient au juge, lorsqu’il prononce la condamnation, d’apprécier le caractère proportionné de la charge qu’est susceptible de représenter le montant des frais de justice au regard de la situation économique de la personne. »

La réserve du Conseil constitutionnel précise que « les dispositions contestées se limitent à prévoir, selon des modalités qui ne sont pas manifestement inappropriées à l’objectif poursuivi, que ces étudiants étrangers ne peuvent bénéficier d’une aide personnelle au logement que s’ils remplissent les conditions d’études, d’âge, de diplôme, de nationalité, de ressources ou de mérite pour être titulaires d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux. Il appartiendra à cet égard au pouvoir réglementaire, sous le contrôle du juge, de fixer ces critères dans le respect des exigences constitutionnelles découlant des dixième et onzième alinéas du Préambule de la Constitution de 1946. » (Pour rappel, ces deux alinéas prévoient :

10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »)

Les cavaliers budgétaires, n’ayant pas leur place dans une loi de finances, sont les suivants :

Ces dispositions n’ont pas trait à l’assiette, au taux et aux modalités de recouvrement des impositions de toutes natures affectées à des personnes morales autres que l’État.

Ces dispositions, qui ne sont pas indissociables du paragraphe IV de l’article 180 relatif à l’évolution du montant de la réduction de loyer de solidarité pour l’année 2026, n’affectent pas directement les dépenses budgétaires de l’année. Elles ne relèvent pas davantage d’une des autres catégories de dispositions trouvant leur place dans une loi de finances. Dès lors, elles ne trouvent pas leur place dans une loi de finances.

Enfin, les dispositions du paragraphe II de l’article 160, qui subordonnent, sans autre limite, l’entrée en vigueur de dispositions législatives à la publication d’un décret, sont contraires à la Constitution. Il en va de même, par voie de conséquence, de son paragraphe I, qui en est inséparable. Ces dispositions concernent les modalités d’affectation de la redevance sur les paris hippiques en ligne.

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