L’Unaf a organisé son colloque sur la médiation aidants aidés : un bilan positif et des perspectives concrètes
Fort de cinq ans d’expérimentation, le colloque de l’Unaf consacré à la médiation aidants-aidés, s’est tenu le 7 octobre dernier, réunissant plus de 200 personnes à Paris et en ligne. Face aux défis du vieillissement de la population et de la transformation des solidarités familiales, la médiation familiale apparaît désormais comme un outil essentiel de soutien et de prévention des conflits. Le Replay du colloque est disponible.
Une solidarité familiale sous tension
En ouverture, le président de l’Unaf, Bernard Tranchand, a rappelé combien cette initiative illustre la capacité du réseau à développer des réponses innovantes au service des familles confrontées aux situations de handicap ou de perte d’autonomie. Le colloque a mis en lumière l’ampleur du phénomène de l’aidance, avec 9,3 millions d’aidants en France.
Jean-Philippe Vinquant, président du Conseil de l’Âge, a rappelé que l’évolution des comportements conjugaux et des configurations familiales modifie le profil futur des personnes âgées, rendant l’aide informelle plus incertaine et créant un risque accru d’isolement familial et conjugal.
La médiation aidants-aidés : une réponse concrète et efficace
Face à ce constat, l’Unaf et la CNSA ont développé la médiation aidants aidés : un programme d’action mobilisant médiation familiale comme un outil de soutien aux familles rencontrant des tensions ou conflits autour de la perte d’autonomie ou du handicap de leur proche.
L’expérimentation, menée depuis cinq ans avec le soutien de la CNSA et de la Cnaf, a permis d’accompagner plus de 4 411 familles et près de 4 000 aidants.
L’évaluation réalisée par le cabinet Kimso a mis en évidence des résultats particulièrement probants : 74 % des familles considèrent que la médiation a été déterminante dans l’apaisement de leur conflit.
Les effets observés sont multiples : apaisement psychologique, amélioration du dialogue, élaboration de solutions partagées et reconnaissance du rôle de chacun. Les effets observés sont multiples : apaisement psychologique, amélioration du dialogue, élaboration de solutions partagées et reconnaissance du rôle de chacun.
Ces résultats résonnent avec les échanges de la deuxième table ronde, animée par Guillemette Leneveu, Directrice Générale de l’Unaf, qui ont mis en évidence le rôle de la médiation dans les politiques de bientraitance et de protection juridique des majeurs.
Anne Caron-Deglise, avocate générale à la Cour de cassation, rappelé combien la médiation pouvait constituer un outil de s’inscrivant en complémentarité du métier de mandataire judiciaire en permettant de prévenir et apaiser les conflits familiaux autour d’une mesure de protection. Elle offre au mandataire un outil pour gérer la dimension relationnelle et émotionnelle des situations de protection.
Thomas Prétot, directeur de la médiation du groupe Clariane, a souligné la complémentarité entre la médiation interne des établissements et la médiation aidants-aidés. Cette dernière permet d’intervenir en amont, pour apaiser les tensions déjà présentes au sein des familles — par exemple les désaccords entre frères et sœurs sur le choix de l’Ehpad ou sur la répartition des frais.
Lorsqu’ils ne sont pas résolus avant l’entrée en institution, ces conflits ont tendance à se déplacer vers l’établissement, compliquant la relation avec les équipes et alourdissant le climat de travail des soignants.
Une place à consolider dans les politiques publiques
L’un des enjeux majeurs identifiés au cours du colloque est d’intégrer pleinement la médiation aidants-aidés dans les politiques publiques.
Diane Genet, Cheffe de projet Soutien aux aidants à la CNSA, a insisté sur la nécessité de mieux faire connaître l’offre de médiation auprès des aidants et des professionnels qui les accompagnent. Elle a mentionné que les plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) sont en première ligne pour orienter les aidants vers les services appropriés, y compris la médiation familiale.
La CNSA soutient déjà un large éventail d’initiatives et considère la médiation comme une solution complémentaire qu’il convient de renforcer.
Les échanges ont également mis en avant l’importance des partenariats entre acteurs associatifs et institutions :
L’exemple de la collaboration entre le tribunal d’Angoulême et l’Udaf de la Charente illustre parfaitement cette articulation : comme l’ont exposé Claire Quintallet, juge aux affaires familiales, et Jeanne Sylla, médiatrice familiale, la médiation peut contribuer à fluidifier les procédures judiciaires, en particulier autour de l’obligation alimentaire, tout en restaurant le dialogue familial. Enfin, pour consolider son déploiement, le dispositif devra être davantage identifié au sein des politiques départementales de l’autonomie.
Comme l’a souligné Stéphanie Bétremieux, directrice de l’Udaf du Pas-de-Calais, il s’agira d’engager un dialogue renforcé avec les conseils départementaux afin de mieux faire connaître la médiation aidants-aidés et de favoriser son inscription dans le parcours des aidants, notamment dans le cadre du futur Service public départemental de l’autonomie (SPDA).
En conclusion du colloque
Trois chantiers majeurs ont été définis :
- La capitalisation et la diffusion de l’expertise acquise, avec la publication prochaine d’un guide sur la médiation aidants-aidés pour l’ensemble des services.
- L’affirmation de la place de la médiation dans les politiques publiques, notamment au sein des services publics départementaux de l’autonomie (SPDA).
- Le déploiement du dispositif sur de nouveaux territoires, au-delà du réseau des Udaf, afin qu’un plus grand nombre de familles puisse en bénéficier.





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