Publication du rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires : l’analyse de l’Unaf
L’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) dresse chaque année un état des lieux précis de l’évolution des prix des services bancaires. Cette année, le rapport met notamment en évidence une hausse générale des tarifs bancaires et une pratique courante de la facturation de forfaits minimums d’agios. Retrouvez en ligne, l'analyse et le positionnement de l'Unaf.
Des tarifs en hausse pour la majorité des services bancaires
Selon l’Insee, les prix des services bancaires ont augmenté de 3,1 % entre juin 2024 et juin 2025, contre seulement 1 % pour l’inflation générale. Dix des quatorze principaux services suivis par l’Observatoire sont en hausse, la plus forte augmentation concerne les frais de tenue de compte et les cartes de paiement.
Le prix moyen annuel des frais de tenue de compte est passé de 19,99 € à 21,78 € entre 2024 et 2025, soit une hausse de 8,95 %. La grande majorité des banques facturent désormais la tenue de compte entre 12 € et 30 € par an, avec des tarifs à plus de 70 € dans deux établissements régionaux. Seuls dix établissements, dont six banques en ligne, pratiquent la gratuité.
Les cartes de paiement, qu’elles soient à débit immédiat ou différé, enregistrent également des hausses : +2,98 % pour les cartes à débit immédiat (44,27 € en moyenne) et +2,91 % pour celles à débit différé (44,23 €). La convergence tarifaire entre ces deux types de cartes se confirme, près de 76 établissements pratiquant désormais un prix identique. Seules quelques banques en ligne maintiennent la gratuité sous conditions.
Une pratique étendue des minimums forfaitaires d’agios
Concernant les frais liés aux découverts bancaires, l’Observatoire des tarifs bancaire relève une stabilité des pratiques tarifaires entre 2023 et 2025. Les « minima forfaitaires » — des montants prélevés sous forme de forfaits pour de petits découverts — n’ont pas connu de hausse généralisée mais concerne tout de même 46 établissements. Certains établissements ont abandonné cette facturation, quand d’autres l’ont adoptée. En parallèle de la facturation de ces minimums forfaitaires, 40 établissements facturent des frais de dossier et/ou des frais de gestion pour la simple autorisation de découvert, que ce découvert soit utilisé ou non.
Positionnement de l’Unaf
En ce qui concerne les minimums forfaitaires d’agios, l’Unaf appelle à leur régulation : les agios, soit les intérêts liés à un découvert, ne doivent pas dépasser le taux d’usure. Par conséquent, les banques ne devraient pas pouvoir facturer de minimums forfaitaires d’agios en cas de dépassement du découvert.
Plus globalement, l’Unaf rappelle que la hausse des prix des services bancaires touche directement le budget des familles. Mais, une donnée centrale nous fait défaut et fait défaut aux régulateurs pour juger du bien-fondé de l’augmentation globale des prix des services bancaires, notamment des frais de tenue de compte : il n’existe aucune donnée publique sur la part des frais d’irrégularités et d’incidents de paiement dans le chiffre d’affaires des banques de détail pour leur activité auprès des clients particuliers. Ces frais avaient été estimés par l’Unaf et l’Institut national de la consommation à 6.5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016.
Faute de transparence, nous ne pouvons pas savoir si la hausse des frais de tenue de compte est justifiée. Les frais de tenue de compte augmentent-ils parce que le modèle économique des banques de détail tend à moins tenir sur les clients les plus en difficulté à qui sont facturés de nombreux frais d’incidents (logique de solidarité inversée dénoncée depuis 2017 par l’Unaf) ?
Rien n’est moins sûr : en effet, un graphique issu du rapport de l’OTB montre qu’il y a eu une hausse de 5 points de la composante « frais d’incidents » de l’indice des prix des services bancaires, entre juin 2024 et juin 2025.

Aussi, alors que le prix des services bancaires augmente, le paysage bancaire se transforme radicalement avec la digitalisation. Les services au guichet sont devenus minoritaires, ce qui réduit a priori les coûts des services rendus par les banques à leurs clients. Des centaines d’agences physiques ferment ou vont fermer dans les prochaines années. En 2024, la France comptait déjà 5000 agences de moins qu’en 2014.
L’Unaf souhaiterait que se tienne un débat transparent sur le modèle économique de la banque de détail, et réitère sa demande formulée en 2020 : une tarification responsable des services bancaires au quotidien, dans le respect d’un principe de proportionnalité entre le service rendu et son coût.
LIEN VERS LE RAPPORT DE L’OTB 2025 : https://www.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/rapport-2025-de-lobservatoire-des-tarifs-bancaires-une-hausse-des-tarifs-bancaires-de-31-entre-2024
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