Animation

Unaf/Rencontre nationale des présidents des Udaf et Uraf et des directeurs des Udaf : « Je compte sur vous pour faire front unis sur l’ensemble de nos missions : la représentation des familles et le développement d’actions en leur faveur »

Le samedi 29 novembre 2025, l'Unaf a réuni, à Paris, les Présidents des Udaf et Uraf et les Directeurs des Udaf pour leur journée nationale. Retrouvez en ligne, les extraits de l'allocution du Président de l'Unaf, Bernard Tranchand.

Discours Bernard TRANCHAND

Journée des présidents – directeurs

Paris, samedi 29 novembre 2025

Mesdames et messieurs les Présidents et Directeurs,

Mes chers amis,

C’est un plaisir de vous retrouver après l’Assemblée générale de l’Unaf, qui a célébré les 80 ans de notre Institution.  

Vous avez été nombreux à répondre présents pour cet évènement exceptionnel. Chacun a pu apprécier son caractère festif, amical, mais aussi la richesse des thèmes abordés, en présence de différentes personnalités. Je me réjouis que vos bénévoles et vos salariés, aient pu ainsi découvrir la force de notre réseau et l’importance de se retrouver autour d’un engagement commun.

C’est à votre tour d’organiser les anniversaires de la création de vos Udaf et vous réalisé çà avec brio.  Nous avons toujours plaisir à y participer, lorsque c’est possible. Personnellement j’ai pu me rendre à plusieurs reprises dans vos Udaf pour ces évènements. C’est là que nous mesurons la vitalité de nos réseaux d’associations familiales, leur créativité et cette volonté d’avancer ensemble, face à des vents parfois contraires.

Malgré l’instabilité politique, la politique familiale continue à nous mobiliser.

Depuis plus de 10 ans, L’Unaf alerte sur la baisse des naissances, sur l’analyse des causes et des conséquences de ce phénomène, et sur la nécessité d’agir.

Longtemps nous avons été seuls. Mais les choses changent.

Les médias et les politiques commencent à comprendre l’ampleur du processus, et ses conséquences et je crois qu’ils ne sont plus dans le déni. Récemment, deux commissions parlementaires ont été constituées et ont auditionné L’Unaf.

Notre chiffre sur le désir d’enfant, et l’écart croissant entre ce désir et la réalité de la fécondité est très largement repris. Nous avons réussi à imposer ce sujet. Il nous appartient, à tous, maintenant, de convaincre sur les réponses à apporter.

Le contexte politique et budgétaire empêche encore les décideurs publics à prendre la mesure du problème et à se tourner vers la solution que nous portons : la politique familiale. Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale – le PLFSS – pour 2026, traduit cette tension entre le début d’une prise de conscience des enjeux démographiques, et des réponses strictement comptables avec de nouvelles baisses pour les familles et des transferts de milliards d’euros aux dépens de la politique familiale.

Nous avons tout de même obtenu des avancées !

Les parlementaires ont adopté la création d’un congé supplémentaire de naissance de 2 mois par parent avec des conditions d’indemnisation bien meilleures que l’actuel congé parental. C’est une réussite pour notre institution qui porte cet objectif depuis plus de 10 ans ! Nous souhaitons une durée plus longue mais il s’agit là d’une première étape déjà très positive pour les parents. Nous avons aussi obtenu le maintien du congé parental actuel qui est d’une durée plus longue, et cela n’avait rien d’évident.

Mais d’un autre côté, le projet de loi a prévu de relever l’âge de la majoration pour âge des allocations familiales, ce qui revient à la supprimer progressivement, ainsi que le gel des prestations familiales. De plus, il organise le transfert massif de recettes– près de 6 milliards d’euros – de la branche famille vers la vieillesse et la maladie, ce qui revient à freiner les capacités de développement de la politique familiale pour le futur.

Grâce à nos interventions médiatiques, nos contacts avec les cabinets ministériels, nos auditions et envois de propositions d’amendements au parlement, nous avons obtenu, pour l’instant, des améliorations par rapport au projet du gouvernement :

La mise en œuvre du congé de naissance serait avancée au 1er janvier 2027 au lieu du 1er juillet 2027. Nous persistons à demander que ce soit dès 2026 mais déjà c’est 6 mois de gagné pour les parents grâce à notre action !

Au Sénat, le rapporteur a repris tel quel, notre proposition d’amendement destinée à éviter que le gouvernement ampute la majoration pour âge des allocations familiales. Nous avons réussi à convaincre une large majorité de sénateurs de tous bords – dans un sénat pourtant sensible à la contrainte financière – de conserver la majoration à 14 ans.

Mais attention, l’histoire n’est pas terminée, puisque le texte est reparti en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale qui va discuter sur la  version issue du Sénat. Il sera examiné en commission des affaires sociales le 29 novembre, puis en séance publique dès le 2 décembre.

Concrètement, nous écrivons à nouveau à quelques députés pour prendre en compte nos positions. Nous allons réinsister sur la nécessité de préserver la majoration, et pour avancer la date du congé de naissance à 2026. Nous allons vous adresser un argumentaire que nous vous invitons à relayer auprès de vos députés dans les meilleurs délais.

Notre combat ne se limite pas à ce projet de loi. A chaque audition parlementaire, à chaque interview dans les médias, à chaque contact avec l’administration, nous alertons et nous avançons des solutions.

Nous proposons ainsi une revalorisation de l’allocation de base de la PAJE pour le 1er enfant. Elle permettrait de verser une prestation monétaire de plus de 150 euros par mois à l’ensemble des familles ayant un premier enfant, et ce jusqu’à ses 3 ans.

Nous persistons à alerter sur la dangereuse dérive du coût des modes d’accueil pour les parents. Malgré nos efforts, nous n’avons pas pu empêcher que la réforme du complément mode de garde entre en vigueur, sans évaluation préalable des pertes pour les familles. Nous sommes en lien avec les associations de familles monoparentales et d’assistantes maternelles qui découvrent les effets négatifs de cette réforme.

Pour peser encore davantage, nous avons donné la parole aux parents concernés, en lançant un appel à témoignage. Nous avons recueilli près de 2 000 témoignages et ils sont édifiants quant aux surcoûts subis par de très nombreux parents, toutes catégories confondues ! En transmettant les résultats de cette enquête, nous demanderons des ajustements des paramètres de cette réforme.

Plus largement, nous faisons tout pour empêcher de nouvelles mesures augmentant les coûts pour les parents de jeunes enfants.

La publication du bilan démographique en début d’année prochaine, montrera qu’en 2025, pour la 1ère fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les décès sont supérieurs aux naissances.

Ce sera un nouveau moment durant lequel nous communiquerons sur les causes et les conséquences de cette dégradation. N’hésitez pas à relayer et à vous appuyer sur les résultats de votre observatoire des familles sur le désir d’enfant réalisé en 2023.

Ce sera le bon moment en amont des municipales.

Les maires et les futurs conseillers qui seront élus en mars prochain, doivent être votre cible privilégiée.

Le Service Public de la Petite Enfance – fortement porté par L’Unaf – ne doit pas être vécu comme une contrainte imposée par l’Etat et une seule question de moyens. Il doit être une opportunité pour penser à un meilleur accueil des enfants et des parents sur les territoires. A travers votre présence dans les comités départementaux des services aux familles, dans les CAF, dans les CCAS, vous pouvez mobiliser autour de la mise en œuvre de ce service. Peut-être que dans certain territoire il faut penser interco soyons les animateurs de ces débats en mobilisant nos délégations CAF nos représentants, nos associations, la presse …

Nous sommes aussi en capacité de proposer des solutions. De plus en plus d’Udaf et d’associations familiales se mobilisent autour de la petite enfance à travers des dispositifs parfois classiques comme les crèches, parfois innovants comme des relais petite enfance itinérants, des lieux d’accueil parents-enfants, des garderies solidaires. L’Unaf va davantage vous soutenir dans vos initiatives autour de l’accueil du jeune enfant : l’apport d’une compétence au sein des équipes de L’Unaf sur ce sujet, interviendra dès le début de l’année 2026.

Le défi démographique c’est aussi le vieillissement, qui va s’accentuer.

Notre réseau doit être porteur d’évolutions de nos politiques publiques mais aussi de solutions concrètes et créatives, comme il l’est déjà sur le handicap psychique et la parentalité.

Beaucoup d’Udaf sont engagées sur des dispositifs de soutien aux aidants avec de très belles réussites sur certains territoires comme :  une maison des aidants, des plates formes de répit et d’orientation, des dispositifs de repérage et de soutien pour les jeunes aidants.

La médiation aidants-aidés est un dispositif emblématique de notre réseau : le colloque que nous avons organisé montre que les partenaires reconnaissent le travail accompli autour de ce dispositif.

L’habitat inclusif est aujourd’hui concentré dans notre réseau sur les personnes en situation de handicap psychique. Nous avons acquis des compétences et une reconnaissance forte sur ce champ. Cette dynamique s’est pleinement exprimée au cours de la première « Semaine nationale de l’habitat inclusif » que nous avons organisée, début novembre. Elle a mobilisé 25 Udaf autour d’initiatives locales associant les habitants. Elle a été amplifiée par la journée nationale organisée au Grand Palais, et elle s’est prolongée lors des Journées nationales du Comité de développement, accueillies à l’Udaf de la Vendée.

A partir de ces réussites, il nous appartient de réfléchir avec vous sur le lancement de projets d’habitat intermédiaire pour les personnes âgées que certains travaillent déjà. La CNSA préconise le déploiement de 500 000 solutions d’habitat intermédiaire. Les moyens seront donc probablement ciblés sur ces solutions. Notre réseau doit être au Rendez-vous.

Nous sommes désormais un acteur reconnu des politiques du vieillissement : nos partenariats conclus au niveau national avec la CNSA, avec la mutualité, avec les caisses de retraite complémentaire, et bientôt avec l’Union nationale des CCAS, doivent nous aider à nous renforcer pour répondre à ce risque social.

Le réseau des Udaf doit être bien identifié au sein du Service public départemental de l’Autonomie mis en œuvre dans vos territoires, comme porteur de soutions pour les personnes en perte d’autonomie, leurs familles et leurs aidants.

En lien avec la préoccupation démographique, le niveau de vie des familles est notre priorité constante.

Outre la question des prestations et de la fiscalité, nous agissons en lien avec vous au travers des services d’accompagnement budgétaire.

L’Unaf s’est engagée sur un travail au long cours sur le thème des violences économiques conjugales, en s’efforçant de prendre en compte le continuum qui peut exister avec les violences intrafamiliales.

La semaine dernière, L’Unaf a organisé une journée nationale qui a réuni des conseillers budgétaires des Udaf confrontés à ces situations. Aux côtés de la Banque de France, du Conseil supérieur du Notariat et de banques, nous avons pu cheminer sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour accompagner les victimes.

Nous avons également lancé une grande enquête auprès des principaux groupes bancaires pour faire un état des lieux des pratiques bancaires dans ce domaine. Nous souhaitons qu’un accord de place puisse être conclu, à l’instar de ce qui existe au Royaume-Uni. 

L’accueil par les banques de la clientèle des majeurs protégés est également un sujet que nous voulons traiter. Nous avons sollicité un entretien auprès de l’ACPR, le superviseur des banques, afin qu’une enquête permette de vérifier ces modalités d’accueil. Les résultats de cette enquête seront présentés en février prochain et nous reviendrons évidemment vers vous.

Dans l’actualité médiatique récente, vous avez entendu parler du risque de resserrement des conditions d’octroi du découvert bancaire autorisé. Nous avons été invités par Bercy à participer à une réunion aux côtés notamment des banques. Nous avons demandé la réalisation d’une étude pour mesurer concrètement l’impact des dispositions prévues, et surtout que l’Etat apporte des réponses sur l’organisation et le financement des services de conseil aux personnes endettées.

C’est un enjeu très important que nous défendons autour des PCB. Nous voulons garantir un financement indépendant et cela passe, selon nous, par la création d’un fonds de concours qui serait financé par, les banques et géré par l’Etat.

Après une année de pause, nous allons relancer une enquête annuelle de l’Observatoire des Familles en 2026 qui portera sur le niveau de vie des familles.  Il faudra travailler notamment sur le cout du logement dans le budget familial.

 Nous vous invitons à un webinaire le 9 décembre pour vous présenter le thème, les questionnements et les conditions tarifaires qui seront proches de celles de 2024. Venez nombreux pour participer cette enquête sur un sujet au cœur des préoccupations des familles, mais aussi des services d’accompagnement budgétaire de notre réseau !

Enfin, le Premier Ministre vient d’annoncer le dépôt, d’ici la fin de l’année, d’un projet de loi visant à créer une allocation sociale unifiée. Elle devrait regrouper le RSA, la prime d’activité et les aides au logement. L’objectif serait :

– de rendre le droit plus clair et lisible.

– et de trouver un meilleur équilibre entre solidarité et incitation à travailler.

Nous serons attentifs à ce qu’elle ne pénalise pas les familles avec charges d’enfants, à travers le sujet des « bases ressources » qui permettent d’établir ces droits. Nous participerons mercredi prochain à une délégation du collectif Alerte pour une rencontre sur ce sujet avec le Ministre du Travail et des Solidarités.

Dans le même train d’annonces, le gouvernement entend présenter un projet de loi pour une nouvelle phase de décentralisation au profit des départements dans le domaine médico-social et sanitaire, avec notamment un transfert de recettes provenant de la CNSA. Ils prendraient en charge complétement les politiques de maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie, ainsi quele développement des nouvelles formes d’habitat intermédiaire

Evidemment ce transfert aux dépens de la CNSA va soulever des questions d’équité territoriales et de pilotage sur des enjeux cruciaux liés au vieillissement.

Enfin, je voudrais évoquer la situation du monde associatif et nos moyens d’agir.

La mobilisation autour du mot d’ordre « ça ne tient plus » à laquelle nous avons participé, le recours à des plans sociaux par des grandes associations, ont mis sur le devant de la scène un monde associatif fragilisé. Fragilisé par les contraintes budgétaires et par le non-financement du Ségur par l’Etat et par les départements.

Dans notre réseau, des associations et certaines Udaf connaissent des difficultés.

(…)

Notre réseau bénéficie d’une bonne image : il est perçu comme innovant, capable d’aller sur des territoires et vers des publics souvent délaissés. Nous sommes attendus par beaucoup d’acteurs qui viennent nous chercher car ils recherchent de plus en plus un réseau national, solide, fiable et qui sait développer des réponses coordonnées sur les territoires.

Nous savons pouvoir compter sur votre engagement pour remplir nos missions auprès des familles et des personnes vulnérables, dans l’objectif d’un développement bien pensé et d’une diversification organisée de nos activités.

Je compte sur vous pour faire front unis sur l’ensemble de nos missions : la représentation des familles et le développement d’actions en leur faveur.

Je vous remercie.